Dans notre pays.
Les privilégiées : soins de beauté, voyages, loisirs nombreux, liens sociaux, couverture médicale complète, revenus confortables, maison, voiture, accès à la culture, profession valorisante, famille…
Les moins privilégiées : mamans solo, fin de mois difficiles, conditions de travail oppressantes, voire toxiques, pas de vacances, logements parfois insalubres, soins différés, choix entre les médicaments à acheter ou pas…
Les défavorisées : la rue ou un taudis, la violence, pas de moyens corrects pour nourrir ses enfants, pas de chauffage, pas de travail et plus d’aide sociale, éducation d’un enfant handicapé avec peu de soutien…
Ailleurs.
En Afghanistan : la malédiction de naître femme. Plus d’études après douze ans d’âge. Devoir disparaître à la vue de tous et toutes sous la burqa, ne pas parler en rue, ni chanter même chez soi, ne pas jeter un regard dehors, derrière les fenêtres murées, ne plus pouvoir communiquer entre femmes, plus de soins médicaux corrects, plus d’université, plus de smartphone, plus de sport, plus de culture, plus de déplacement sans un accompagnateur, pas de trajets à plus de 72 km de chez soi, pas de défense en justice en cas de violence conjugale, sauf blessures apparentes et sérieuses, mariages très précoces, construction de murs pour isoler chaque maison de celles des voisins…
En Iran : obligation de porter le voile, manque de liberté, prison si vous défendez les droits humains. Et je salue ici Nargès Mohammadi, prix Nobel de la Paix, qui vient de faire deux crises cardiaques en prison et se trouve en danger de mort. Elle a été battue lors de sa dernière arrestation et en garde des séquelles. Avocate courageuse qui, dès qu’elle en a l’occasion, prend la défense des droits humains et de ceux qui les voient bafoués.
On vient juste d’apprendre sa libération sous condition pour qu’elle puisse se faire soigner à Téhéran.
A Gaza : mamans souffrant de malnutrition et, du coup incapables de nourrir correctement leurs enfants rachitiques.
Vie sous tente, restriction de nourriture, manque de tout, violence et danger permanent.
En Cisjordanie, destruction de maisons, d’écoles, agressions armées par des colons parfois très jeunes, spoliation de terres…
Au Soudan : guerre, déplacements de population, femmes vulnérables, famine, camps de réfugiés, violences sexuelles, pauvreté, peur…
Femmes, mes sœurs, que je voudrais améliorer votre vie, que je vous porte dans mon cœur, que je lutte du mieux que je peux, avec ma plume, pour vous défendre. Je ne veux pas qu’on vous oublie, qu’on vous abandonne, qu’on vous glisse entre deux histoires d’animaux sur internet. Vous comptez, vous êtes importantes et vous nier, c’est nier l’humanité entière.
Jésus nous montre la voie à suivre, lui qui brisait les tabous de son temps, de sa religion, de sa culture, en guérissant une femme souffrant de pertes de sang, en redressant vers le ciel la femme courbée qui ne voyait plus que le sol, en se laissant convaincre par la femme cananéenne, une étrangère, de guérir son enfant, en demandant à boire à une Samaritaine de réputation douteuse.
A nous de suivre ses traces, sans considération de race, de nationalité, de religion, de condition sociales.
Femmes, vous méritez qu’on vous respecte et qu’on vous aime.
Yvette Vanescotte
